18/06/09 L'appel du C-MAL

A l’heure où Lyon revendique son statut de métropole culturelle européenne, les acteurs des musiques actuelles lyonnais vivent des heures noires et disparaissent les uns après les autres. La précarité grandissante de structures déjà fragiles menace à court terme l’existence même de ceux qui entretiennent la vitalité du secteur et animent la cité : lieux dédiés, cafés concerts, festivals, tourneurs, labels, producteurs de concerts, accompagnateurs de projets artistiques...

L’exception lyonnaise

La comparaison avec les structures évoluant dans d’autres régions et d’autres villes nous permet de pointer du doigt l’exception Lyonnaise en ce qui concerne les Musiques Actuelles. Notre cité n’est malheureusement pas un exemple en la matière. Et alors que l’ensemble des grandes villes françaises s’attache à faire vivre ce type d’initiatives, la ville de Lyon continue d’afficher un inexplicable retard. Nous souhaitons avant tout informer le public de notre situation critique en reposant quelques principes. Cette journée professionnelle réunissant les SMACS de Rhône-Alpes et le SMA a été consacrée à des enjeux régionaux et nationaux qui nous concernent tous, mais nous souhaitons aussi attirer l’attention sur l’état des structures de l’agglomération lyonnaise, qui devient plus que préoccupant.

Un manque de reconnaissance

Si certains parlent du manque de reconnaissance des Musiques Actuelles, nous pensons qu’un certain nombre d’événements démontrent au contraire l’intérêt manifesté par le public ainsi que la grande vitalité de la scène locale. Nous sommes heureux de bénéficier d’événementiels réussis (La fête de la Musique, certains festivals dont Nuits Sonores, qui rayonne à un niveau européen), mais ces succès peinent à cacher la forêt de galères et à n’entraine pas tout le monde dans son sillage. De nombreuses structures faisant la diversité musicale de la Ville au quotidien sont actuellement en grand danger. Des structures qui contribuent pourtant elles aussi à dynamiser la ville, à enrichir ses offres culturelles, à la rendre conviviale, attractive et vectrice de rencontres interculturelles et intergénérationnelles. Des structures composées d’équipes qualifiées, extrêmement investies dans la mise en œuvre et la défense de leurs projets, mais qui souffrent du manque de médiatisation des métiers qui font vivre le spectacle vivant musical.

Il y a un décalage réel entre les ambitions affichées et les moyens mis en œuvre par la Ville, dont l’image est toujours inextricablement liée à la gastronomie et au football, alors qu’une ville comme Clermont-Ferrand est considéré nationalement pour sa scène musicale florissante !

Des structures qui se meurent

Ces derniers mois, des structures phares de la scène locales ont dû ou sont en passe de cesser leurs activités :

Si rien ne change, cette liste ne peut que s’allonger dans les mois à venir. Il existe une forte complémentarité de l’action des structures présentes sur l’agglomération lyonnaise. Ainsi, lorsque l’une d’entre elles disparaît, c’est l’écosystème musical tout entier qui est mis à mal.

Un secteur en difficulté

Durant ces deux dernières années, les conditions de travail se sont durcies, les problèmes de trésorerie, de hausse des coûts de productions et de raréfaction des financements se sont généralisés. On constate une précarité généralisée des structures causée par une l’absence de fonds de roulements et la précarité des emplois (intermittents, emplois aidés…).

Le secteur des musiques est en pleine mutation et les pratiques de consommation du public sont en plein changement. Comme dans tout bouleversement sectoriel, les réponses professionnelles mettent du temps à se mettre en place.

Un manque cruel d’infrastructures adaptées en matière de diffusion et de répétition se fait sentir. Raréfaction de lieux de différentes capacités d’accueil et absence d’espaces dédiés pour des esthétiques comme le jazz, ou encore pour l’accueil de festivals, que les immenses coûts de production semblent condamner au déficit.

Le durcissement de la législation sur les nuisances sonores est déjà directement responsable de la fermeture de lieux de diffusion, déjà en trop petit nombre dans la ville. Cela concerne des cafés concerts comme le Bistroy, mais aussi la salle Rameau (salle assise de 800 places) qui souffre de problèmes de voisinage.

Appel à la concertation

Nous ne pourrons bientôt plus lutter pour l’intérêt général, et si rien n’est fait dans les 6 mois, le climat sera trop mauvais, contraignant les structures à cesser leurs activités unes à unes. Une telle prise de parole démontre notre volonté de rester dans le dialogue, et nous souhaitons toujours travailler avec les services de la Ville, mais aussi des autres collectivités territoriale (Grand Lyon, Conseil général du Rhône, région Rhône-Alpes) pour la mise en place d’une véritable politique culturelle a destination des MA. Mais au vu de la situation dramatique, la patience n’est plus de mise. Nous tirons la sonnette d’alarme et demandons des réponses rapides et de vraies réactions de la part des pouvoirs publics. Nous organisons dès à présent la tenue d’une concertation nationale le 3 octobre à Lyon autour de ces problématiques, avec la participation de fédérations nationales (SMA, Fédurock, FSJ, Fnejma) et régionales (La Nacre, FEPPRA, CD1D), et les contributions d’acteurs historiques.

Consultez la liste des adhérents du C-MAL.

11/02/09 Soutien à dandelyon

Le C-mal souhaite apporter son soutien à l’association Dandelyon, dans le cadre de l’arrêt de ses activités.

Créée en 2003, Dandelyon est une association lyonnaise qui travaille au développement et à la valorisation des groupes pop du département du Rhône.

Depuis la rentrée 2008, l’association rencontre d’importantes difficultés financières liées à ses frais de fonctionnement. Les charges fixes ont doublé en 1 an, notamment suite à la baisse des aides accordées dans le cadre des 2 CAE mis en place depuis 2007. Désireuse de pérenniser ces emplois, l’association s’est battue pour augmenter ses recettes propres et les aides institutionnelles qui lui étaient accordées. Toutefois, elle n’a pas trouvé d’échos suffisant auprès de ses financeurs, dont le principal reste la Ville de Lyon.

Cette dernière soutien Dandelyon depuis 2007 à hauteur de 4500 €, puis 4 000 € en 2008. Le niveau de ces aides, face à la multiplicité des activités de l’association (production de concert, production discographique, accompagnement et formations de jeunes artistes…) a poussé l’équipe à chercher d’autres moyens de financements dans les secteurs privés comme publics.

Toutefois, malgré quelques financements supplémentaires, les 2 salariés n’ont pas pu réunir les fonds nécessaires à la survie de l’association. Les conséquences se sont répercutées sur l’organisation interne de la structure et le bon fonctionnement des activités annuelles.

Dandelyon se retrouve aujourd’hui dans une impasse et n’a plus les moyens humains ni matériels de poursuivre ses actions. L’équipe se voit contrainte de mettre un terme à ses activités, et ce dès à présent.

Dans cette situation de crise, l’association demande à la Ville de Lyon une aide exceptionnelle de 4000 €, afin de l’aider à clôturer ses activités en cours d’exercice sans risquer l’endettement. Cette somme lui permettrait de régler les dettes en cours, de financer les salaires de l’équipe jusqu'au 30 avril et de produire 1000 compilations, au lieu des 3000 annoncées initialement.

Le C-mal soutient l’association dans cette demande exceptionnelle et s’allie à Dandelyon pour dénoncer les conditions extrêmement précaires qui fragilisent sa survie et l’ensemble du secteur des musiques actuelles. Le travail effectué par les petites structures de proximité est indispensable pour assurer la découverte de nouveaux artistes. L’arrêt de leurs activités revient à déstabiliser l’ensemble du secteur.

Si Dandelyon est aujourd’hui dans l’incapacité même de clôturer sa saison, les acteurs de musiques actuelles du Grand Lyon dénoncent le manque de moyens accordés à ses activités. Le C-mal demande à la Ville de Lyon la validation de l’aide demandée, pour que l’association puisse finir l’année dans des conditions acceptables. Refusant d’être instrumentalisés et désignés comme d’éventuels concurrents face à l’ensemble des demandes de financement effectuées au nom des musiques actuelles, l’ensemble des acteurs lyonnais démontrent une réelle solidarité et l’existence d’une force collective.

26/06/08 la commission accompagnement

Le C-MAL mène tout au long de l'année une reflexion sur l'harmonisation des actions entreprises par les acteurs des musiques actuelles sur l'agglomération lyonnaises. Diffusion, accompagnement, production, formations : autant de problématiques sur lesquelles se penchent des commissions spécifiques.

La commission accompagnement a dressé une cartographie des structures adhérentes du C-MAL proposant des résidences d'artistes. Les artistes pourront désormais mieux appréhender les possibilités qui s'offrent à eux pour travailler la dimension scénique de leur projet.

La commission accompagnement a également établi un document commun de demande de résidence. Ainsi, les dossiers peuvent facilement passer d'une structure à une autre, donnant ainsi à l'artiste une chance supplémentaire de trouver une réponse précise à son besoin spécifique.

Rendez-vous dans la rubrique documentations pour télécharger les fichiers.

18/06/08 affichage : le c-mal prend position

Le C-MAL, association regroupant plus de 30 structures professionnelles du secteur des Musiques Actuelles de l’agglomération lyonnaise, souhaite apporter son soutien à l’association Barbe à Pop dont le procès s’est déroulé le 19 juin (délibéré le 18 septembre) et aux autres associations poursuivies pour des problèmes relatifs à l’affichage.

En effet, la Ville de Lyon a mis en place un nouveau dispositif de surveillance et de répression de l’affichage sauvage sans la phase d’information et de discussion nécessaire auprès des structures culturelles. Par conséquent, elle n’a pas pu mesurer l’importance et la nécessité de cette pratique d’affichage. Si celle ci doit évoluer, il est important que cela se fasse dans le cadre d’une large concertation.

Aujourd’hui, nous ne pouvons que constater un nombre de panneaux d’affichage libre ridiculement faible au regard des nécessités et contraintes de la Loi, ainsi qu’un usage détourné de leur surfaces alors même que l’espace public semble tout entier désormais confié en gestion aux publicitaires.

Le problème est d’autant plus crucial que le secteur des Musiques Actuelles s’est fortement développé au cours de la dernière décennie dans l’agglomération, et que les besoins en communication dans l’espace public se sont donc accrus.

Le secteur reste cependant fragile et très peu soutenu par les collectivités, comparativement à d’autres. Le travail de petits lieux de diffusion et des petites associations est d’une importance capitale pour l’expression des jeunes artistes et la diversité des esthétiques dans une ville qui, rappelons le, est candidate au titre de Capitale Européenne de la Culture en 2013. Les déstabiliser revient à ébranler les Musiques Actuelles dans leur ensemble.

La Ville de Lyon doit mesurer les conséquences de l’action de son service d’écologie urbaine, aux méthodes parfois douteuses, sur le dynamisme de la vie culturelle de la cité. C’est pourquoi nous demandons l’arrêt des poursuites pour délit d’affichage et la mise en œuvre d’une phase de concertation qui puisse déboucher sur la mise en place de « règles du jeu » permettant de concilier pratiques culturelles et maîtrise de l’espace urbain.

12/06/08 lendemain d'assemblée générale

Bonjour,

Au vue du grand nombre de structure présentes lors de son AG à l'Epicerie Moderne, il est clair que le CMAL apparait comme un enjeu important et fédérateur pour le secteur des musiques actuelles de l'agglomération lyonnaise. Une volonté de structuration s'est unanimement exprimée hier. Un souhait de faire désormais évoluer le CMAL dans les règles de l'art de la vie associative : bureau, CA , AG...

Au delà de cette structuration, c'est également d'une mobilisation et d'une motivation de chacun d'entre nous dont le CMAL a besoin, et ce peu importe notre place au sein de la structure associative. En effet, le CMAL est composé et représente l'ensemble de ses adhérents. Chacun d'entre nous est légitime pour y apporter son énergie, ses problématiques, ses initiatives, son point de vue, même contradictoire.

Pour cela, il est nécessaire que chacun d'entre nous alimente le débat et sache se montrer actif. D'autant plus que nous n'avons jamais été autant représentatifs de l'ensemble des problématiques qui peuvent survenir sur l'agglomération. En effet AGAPES fait rentrer le jazz au CMAL, Radio Pluriel les radios associatives, CD1D la distribution de disques, Supadope les studios, et ce sans parler de toutes les problématiques déjà présentes renforcées par l'arrivée de nouvelles structures.

Ainsi, nous prolongerons le travail entamé par les fondateurs du CMAL, qui restent par ailleurs actifs au sein de l'association et porteur d'une expérience précieuse.

Le CMAL appartient à chacun de ses adhérents.

C'est à nous de le faire vivre, en nous y impliquant, en participant aux groupes de travail existant ou en en proposant de nouveaux, en se tenant informés des avancées et des nouveaux chantiers en cas d'absence prolongée, en émettant à hautes voix les doutes et les remises en causes, en se montrant force de proposition, en étant volontaire sur les efforts à fournir pour assurer la cohésion de l'ensemble.

Les prochaines étapes sont la réouverture du forum internet dans les jours qui viennent, histoire de permettre la discussion sans encombrer nos boites mails, et une réunion du bureau pour procéder aux changement impliqués par son renouvellement.

Par ailleurs, nous allons vous faire parvenir le compte rendu de l'AG d'hier soir et vous proposer un prochain rendez-vous pour entrer dans les choses concrètes...

D'ici là, profitez bien de vos prochains concerts !

A très bientôt,

Olivier Boccon Gibod - Président du C-MAL